Le Groupe de la Banque africaine de développement soutient, par un don de 1 million de dollars américains, le Programme de développement des compétences pour l’emploi dans le cadre d’une transition énergétique juste (Just Energy Transition Skilling for Employment Programme, JET SEP). Le financement passe par le Fonds d’assistance au secteur privé en Afrique (FAPA).
La National Business Initiative (NBI), la Banque africaine de développement et d’autres partenaires ont annoncé des progrès sur la phase 1 du programme, mardi 13 octobre 2026 à Johannesburg, lors du Sommet sur les moyens de subsistance verts. Ce sommet était coorganisé par la NBI et la Presidential Youth Employment Intervention (PYEI). L’objectif est que les investissements dans les énergies renouvelables apportent aussi des compétences aux jeunes, des opportunités aux femmes et un accès à l’économie verte aux entreprises locales.
Les livrables comprennent notamment le JET ATLAS (Anticipating Talent, Labour and Skills), un tableau de bord interactif qui prévoit l’offre et la demande de compétences dans les municipalités. Ils incluent aussi une étude de faisabilité sur les Zones de développement des compétences, validée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Formation. Le ministère lancera 3 zones : à Nkangala le jeudi 29 octobre 2026, dans la province du Cap-Nord le mercredi 18 novembre 2026 et dans celle du Cap-Oriental en mars 2027. Deux autres études seront présentées à la COP31, à Antalya, en Turquie : « Building an Inclusive and Responsive Skills Ecosystem for a Just Energy Transition » et « Powering Futures 2.0 : Two Years of Progress, Learning and Opportunity ».
« L’économie verte n’est pas une perspective lointaine. Elle prend déjà forme autour de nous. Notre responsabilité consiste désormais à veiller à ce que les investissements se traduisent par de véritables emplois, des entreprises viables et des moyens de subsistance durables pour les jeunes », Shameela Soobramoney, directrice générale de la NBI.
Shameela Soobramoney a présenté l’ambition de créer 100 000 emplois verts d’ici à 2030. Elle a demandé des signaux plus clairs de la part des employeurs, un financement mieux aligné, davantage de contrats pour les petites entreprises et des indicateurs communs de suivi. La NBI a été mandatée par l’Unité de gestion du projet Just Energy Transition (JET) de la présidence sud-africaine pour mobiliser les entreprises autour du chapitre 9 (Compétences) du plan de mise en œuvre du JET.
Selon les estimations, le besoin se situe entre 120 000 et 200 000 emplois en Afrique du Sud d’ici à 2030. D’après la modélisation du JET ATLAS, la demande de compétences sera portée par le solaire jusqu’en 2030, puis par l’éolien. Entre 2030 et 2040, les ouvriers du bâtiment représenteront environ 45 % de cette demande et les techniciens 16 %. Le rapport « Powering Futures 2.0 » indique que la demande se concentre sur des métiers traditionnels, comme les ouvriers du bâtiment, les techniciens, les électriciens et les soudeurs, plutôt que sur de nouveaux métiers « verts ». Il signale un point de blocage en matière de compétences techniques : des techniciens, des artisans électriciens et des ingénieurs de réseau doivent être formés avec des certifications reconnues à l’échelle mondiale.
Anders Pedersen, responsable régional des systèmes énergétiques à la Banque africaine de développement, a indiqué que les projets d’infrastructures énergétiques pourraient ne pas générer d’emplois directs significatifs, hors construction et installation. Selon lui, leur effet principal sur l’emploi sera probablement indirect : en fournissant une électricité fiable, ils permettent aux petites entreprises de se développer, d’améliorer leur efficacité et d’accroître leur production.
À titre d’exemple, dans la province du Mpumalanga, qui abrite 80 % des centrales à charbon du pays, des investissements dans l’éolien, l’agriculture climato-intelligente, la transformation agricole, le tourisme et l’hôtellerie pourraient diversifier l’économie.
*Le Groupe de la Banque africaine de développement intègre une dimension « compétences et emploi » dans chacun de ses investissements, en particulier en faveur des femmes et des jeunes.
