Au Tchad, l’éducation des filles est considérée comme un investissement stratégique dans le capital humain, l’égalité des chances et le développement durable. Cette vision se concrétise à travers le Projet d’éducation des filles et d’alphabétisation des femmes (PEFAF), lancé en 2020 par le gouvernement tchadien avec l’appui du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Le projet bénéficie d’un financement de 11,26 millions USD de la Facilité d’appui à la transition, complété par une contribution nationale estimée à 713 000 USD.

Les deux investissements majeurs de cette initiative sont, d’une part, la réhabilitation et l’extension du complexe scolaire d’Amriguébé à N’Djaména, qui regroupe le Lycée féminin bilingue et le Lycée féminin arabe ; ainsi que la construction d’un nouveau lycée féminin à Massakory, dans la province du Hadjer‑Lamis. Ces établissements sont dotés de salles de classe modernes, laboratoires scientifiques et informatiques, équipements numériques, bibliothèque, infirmerie, latrines adaptées, eau potable et installations solaires. À Amriguébé, cette transformation est déjà perçue comme emblématique, créant un environnement scolaire plus sûr et inclusif, adapté aux exigences contemporaines et propice au développement des compétences scientifiques et numériques des jeunes filles.

« Nous sommes impatientes d’étudier dans des laboratoires modernes et des salles informatiques bien équipées. Ces investissements nous donnent davantage confiance en notre avenir », confie Halimé Haroun Hassaballah, élève du Lycée féminin bilingue d’Amriguébé.

Au‑delà des infrastructures, le projet prévoit l’octroi de kits scolaires et de bourses pour les élèves vulnérables, ainsi que la mise en place de centres d’écoute destinés à offrir aux adolescentes un espace confidentiel d’accompagnement, notamment face aux violences basées sur le genre.

Des campagnes de sensibilisation mobilisent familles, enseignants, communautés et autorités locales autour de la scolarisation et de la protection des filles. Les associations de mères éducatrices sont également accompagnées dans le leadership, la gouvernance et les activités génératrices de revenus, afin de renforcer leur rôle dans la prévention des abandons scolaires.

Pour Moussa Bedei Ali, coordonnateur national du projet, « investir dans l’éducation des filles, c’est investir dans le développement durable du Tchad. Chaque établissement modernisé représente une opportunité supplémentaire offerte aux générations futures ». Alors que le projet arrive à son terme en 2026, les perspectives portent sur une consolidation des acquis et une possible deuxième phase, qui permettrait d’étendre les interventions à de nouvelles provinces et de renforcer durablement l’accès, le maintien et la réussite des filles, ainsi que l’autonomisation des femmes.