Le 6 octobre 2026, à Libreville, le Gabon a lancé la Plateforme nationale d’action sur les plastiques (NPAP-Gabon, pour National Plastic Action Partnership). Portée par la Direction générale de l’Environnement et de la Protection de la Nature, avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Partenariat mondial pour l’action contre les plastiques (Global Plastic Action Partnership, GPAP), elle doit nourrir une feuille de route nationale et préparer la transition vers une économie circulaire du plastique. Le GPAP, hébergé par le Forum économique mondial, compte le Gabon comme premier pays d’Afrique centrale parmi ses membres.

Pour le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, Maurice Ntossui Allogo, la pollution plastique dépasse les capacités de tout acteur opérant de manière isolée. L’État renforce déjà son cadre juridique et ses contrôles sur les plastiques à usage unique, et a enclenché la fermeture de la décharge de Mindoubé. L’ambition fixée pour 2030 est un plastique mieux conçu, mieux collecté et mieux valorisé, qui n’atteint plus l’environnement et de mettre fin à la pollution plastique d’ici 2040. La plateforme rassemble pour cela administrations, communes, entreprises, recycleurs, société civile et monde académique, afin d’aligner politiques publiques, industrie, données scientifiques et financements. Elle devra dès sa première année définir les priorités réglementaires, financières et opérationnelles d’un marché structuré.

Sa crédibilité dépendra d’abord de la place faite aux acteurs des premiers maillons de la chaîne. La représentante résidente adjointe du PNUD, Soahangy Mamisoa Rangers, a demandé que les femmes, les petits entrepreneurs, les jeunes et les pré-collecteurs informels, trop rarement entendus, participent à l’élaboration de la feuille de route, le PNUD assurant le secrétariat et la coordination opérationnelle.

Ensuite, elle dépendra aussi des financements. Le PNUD appelle à orienter les fonds publics et privés vers des solutions durables ; l’experte du Forum économique mondial Margherita Pucino a indiqué que le partenariat mesurera l’avancement des politiques, des investissements et des actions ; et le Royaume-Uni, par la voix de son conseiller climat et environnement pour l’Afrique centrale, Evan McCarthy, a annoncé son soutien.

En marge de la cérémonie, Paul Alogui Revoula, directeur général de Revadac, a plaidé pour une Responsabilité élargie des producteurs (REP) fondée sur le principe du pollueur-payeur, qui ferait contribuer producteurs et importateurs d’emballages aux coûts de collecte, de tri et de valorisation. Il propose également une tarification transparente du plastique recyclé, au kilogramme et selon sa typologie, afin de créer la demande en matériaux recyclés. Afane Edou, directeur général du Réseau gabonais pour l’environnement et le développement durable, estime pour sa part que la mobilisation des populations passe par une vision tournée vers la création de valeur, la gestion du plastique devenant une source de revenus.

Martine Mvengou, responsable environnement de la Façade maritime du Champ Triomphal, a quant à elle présenté la Baie des Rois, classée zone zéro plastique, où aucun promoteur ne peut utiliser de plastique à usage unique, avec l’appui d’associations pour la sensibilisation. Cette zone démontre qu’un gestionnaire de site peut fixer lui-même ses conditions d’exploitation, ce qui représente une marge d’action ouverte à toute entreprise qui contrôle un espace ou encore une chaîne d’approvisionnement.

Les entreprises qui produisent, importent ou distribuent des emballages plastiques doivent anticiper une contribution aux coûts de gestion des déchets et revoir la conception de leurs produits. La plateforme sera jugée sur ses livrables de première année, notamment, la feuille de route, le financement, l’intégration des acteurs informels et la fermeté de l’application des textes.