La mutation énergétique mondiale oblige une accélération de la consommation de « minéraux critiques » qui pourrait doubler d’ici 2040 sous l’effet de l’urbanisation et de la décarbonation. Cuivre, lithium, cobalt, nickel, ces minéraux dits « critiques » sont au cœur de la production de smartphones, ordinateurs, panneaux solaires et véhicules électriques. Cette pression place les nations pourvues de sous-sols riches devant l’impératif de convertir ce potentiel en levier de croissance puisque ces ressources représentent déjà près de 20 % des exportations et plus de 6 % du PIB dans de nombreuses économies en développement.
Cette transition vers un modèle extractif créateur de valeur repose d’abord sur la capacité du secteur à irriguer le marché du travail local. Si l’emploi formel direct dans les mines ne se situe qu’entre 1 % et 2,5 %, la chaîne d’approvisionnement génère en revanche environ 12,5 % d’emplois indirects qui soutiennent l’économie réelle. Parallèlement, les recettes publiques issues de l’exploitation minière, via la fiscalité et les redevances, permettent de financer des investissements régaliens dans l’éducation, la santé, les infrastructures de transport ou les services numériques.
Toutefois, la pérennité de ce modèle dépend de la mobilisation des capitaux internationaux. L’exemple de la Mauritanie est significatif avec des exportations minières ayant atteint 2,7 milliards de dollars en 2022, soit 76 % du total national, complétées par un potentiel de production d’hydrogène vert estimé à 12 millions de tonnes par an. Pour soutenir de tels volumes, la Société financière internationale a mobilisé environ 8 milliards de dollars sur la dernière décennie afin de moderniser les outils de production. Cette injection de fonds demeure toutefois conditionnée par une gouvernance rigoureuse et une gestion proactive des risques, seules garantes de la viabilité des projets bien au-delà de l’épuisement des gisements.
