L’innovation technologique en Afrique change de visage grâce à une génération de femmes qui placent la résolution des défis structurels au centre de leur modèle économique. Ces entrepreneures développent des solutions concrètes pour répondre aux urgences du continent.

Le programme « Femmes africaines dans les domaines de la technologie et de l’IA » (AWITAI), porté par l’UNESCO en partenariat avec le Mouvement IA de l’Université Mohammed VI Polytechnique et la Fondation OCP, est en train de modeler l’avenir de plus de 150 entrepreneures provenant de 35 pays africains, aux enjeux de la science des données et de l’intelligence artificielle. Un groupe de 30 lauréates minutieusement sélectionné bénéficie en plus de subventions allant de 10 000 à 30 000 dollars américains, couronnées par un mentorat stratégique pour faciliter les levées de fonds et l’acquisition de compétences techniques ciblées.

Face à une perte d’eau potable estimée entre 20 % et 40 % sur les réseaux de distribution au Maroc, Jihane Ouhejjou, l’une des femmes (marocaine) ayant bénéficié de ce programme a conçu un dispositif alliant des capteurs particuliers. Ces capteurs mesurent la pression, le débit, les vibrations ainsi que diverses données environnementales. Des algorithmes d’intelligence artificielle analysent les données collectées afin de détecter les écarts par rapport au fonctionnement normal du réseau et d’identifier les anomalies à un stade précoce, avant qu’elles ne se transforment en défaillances majeures.

Malgré ces avancées, les données de l’UNESCO indiquent que 70 % des femmes entrepreneures peinent encore à accéder aux financements de démarrage ; en ce qui concerne la propriété intellectuelle, les femmes ont encore treize fois moins de chances de déposer un brevet en informatique que les hommes.

Combler ces lacunes par la formation et le financement est essentiel pour bâtir un écosystème technologique africain véritablement inclusif et performant.