Devant une urgence économique, le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie a affirmé son engagement dans le cadre du programme de soutien à la restructuration financière des petites et moyennes entreprises (PME) en validant 151 dossiers.
L’État a mobilisé un engagement global estimé à près de 342 millions de dinars. Ce plan de sauvetage représente un levier de durabilité visant la protection de l’outil de production et, surtout, à garantir le maintien des emplois au cœur des régions.
Cette décision, actée lors de la réunion de la commission de gestion du 15 décembre 2025, cible des acteurs stratégiques comme les industries agroalimentaires, la fabrication de plastique technique ou encore le transport international et la logistique. D’un point de vue de la responsabilité sociétale, cette intervention est vitale car elle permet à des structures en détresse de retrouver une stabilité.
Les premiers rapports de suivi dévoilent une amélioration de leur situation et d’un dépassement des difficultés financières et sociales initiales pour les premières entreprises secourues.
L’enveloppe se répartit entre 288,5 millions de dinars sous forme de prêts de rééchelonnement, 52 millions de dinars en prêts participatifs et des subventions dédiées aux études de diagnostic. Toutefois, cela reste encadrée par des critères d’éligibilité particulièrement stricts. En limitant l’accès aux PME possédant des actifs fixes bruts compris entre cent mille dinars et quinze millions de dinars, et en excluant les secteurs du commerce, de l’immobilier, du financier et des hydrocarbures, le programme laisse toute de même de nombreux entrepreneurs dans l’incertitude.
Cependant, cette sélectivité inquiète certains observateurs économiques. Pour Yassine Gouiaa, président de l’Organisation nationale des entrepreneurs, ce soutien demeure une goutte d’eau dans l’océan des difficultés économiques nationales. En dehors de ces 151 dossiers, c’est près de 800 000 autres entreprises, dont la moitié nécessiterait une restructuration urgente, et qui luttent pour leur survie.
Le choc de 2022, où « 40% des PME se trouvaient au bord de la faillite » à cause de problèmes structurels profonds ou d’une sous-capitalisation chronique, rappelle que l’urgence surpasse le cadre des dispositifs actuels.
Derrière les capitaux, c’est l’agilité administrative qui fait polémique. Le manque de clarté des plateformes d’information et les complexités bureaucratiques freinent l’accès au dispositif pour les plus fragiles.
